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  La Sophrologie en musique
   
 

Sophrologie et musique

C'est à l'automne 1985 que les cours de sophrologie pour musiciens ont fait leur entrée au Conservatoire Populaire de Musique de Genève. Depuis, ils ont réuni (...) musiciens, professeurs et élèves parmi lesquels une majorité de chanteurs, plusieurs souffleurs, des pianistes, quelques cordes et un guitariste, en groupes de six à onze personnes.
Les dix séances de ces cours, répartis sur quatre mois, leur ont permis de connaître les exercices et techniques des premier et deuxième degré RDC et de les intégrer comme complément à leur travail quotidien grâce à la pratique intensive (une demi-heure à une heure chaque jour).
La pratique de la sophrologie présente en effet des similitudes avec le travail du musicien :
- elle unit les approches corporelles et mentales dans une perspective globale
- elle permet l'adaptation de ses principes de base à toute technique individuelle.
D'autre part, c'est une méthode que l'on peut aisément pratiquer seul, en toute autonomie, avec la seule contrainte de l'autodiscipline. Le musicien connaît l'autodiscipline du quotidien, les heures de gammes et de répétition, et sa recherche est solitaire. Aussi lui est-il facile de planifier ses séances de sophrologie selon ses besoins.
Bien des exercices de sophrologie trouvent une application directe. Ainsi l'entraînement de la position debout ou de la position assise m'a permis de tirer parti des longues attentes fréquentes dans le travail d'orchestre. Dans ce cas, une séance composée d'une « Sophronisation Simple - (SS) » et d'un exercice statique redonne de l'énergie.
L'objectif de cet article est d'expliquer en quoi la sophrologie peut aider un musicien à trouver des solutions à ses problèmes spécifiques. Ainsi, j' aborderai divers sujets tels que l'attitude face au concert, la préparation au concert, le trac, la mémorisation, ainsi que les différentes étapes pour résoudre ces difficultés en ayant essentiellement recours aux processus du premier et du deuxième degré.

Premier Degré
L'enseignement de la musique a beaucoup évolué depuis une vingtaine d'années. Les professeurs ne se contentent plus de donner des indications techniques relatives à l'instrument, comme le doigté par exemple, ou de corriger la mise en place des mélodies. De nos jours, la pédagogie est beaucoup plus globale et dès les débuts de l'apprentissage musical, nous parlons à nos élèves de leur attitude face à l'instrument, de leur position dans le jeu, de l'importance de la décontraction, des sensations, de la conscience corporelle et, surtout chez les souffleurs et les chanteurs, de tout ce qui touche à la respiration.
Ainsi, les exercices dynamiques du premier degré s'inscrivent parfaitement bien dans une démarche de musicien. Les participants aux cours adaptent tout de suite certains exercices correspondant à leur instrument ou, inversement, se mettent à travailler quotidiennement «sous sophronisation» des exercices qui leur sont spécifiques (gestes, mouvements, exercices respiratoires, par exemple).

Exercices du Premier Degré

Si tous les exercices du premier degré (voir index.php) concourent à une meilleure conscience corporelle, quelques-uns apportent plus particulièrement un nouvel éclairage aux stagiaires.

Par exemple, la position debout est un exercice fondamental : après la « S.S. », nous gardons cette position en essayant de sentir le rapport tension-détente, puis nous jouons avec notre centre de gravité en oscillant légèrement d'avant en arrière, puis de côté, déplaçant ainsi le point d'équilibre. Pour une meilleure intégration du schéma corporel avec l'instrument, nous pouvons refaire les mêmes exercices en tenant compte de celui-ci, de son poids, du déplacement du centre de gravité, etc. (un trombone pèse plus de six kilos). La posture de base permet également de mieux s'ancrer au sol. Les exercices des « contractions progressives et alternées » sont toujours bien accueillis. Ils permettent de mieux percevoir chaque zone différenciée du corps. Ainsi, dans le travail des souffleurs et des chanteurs, il est impor-tant de pouvoir contrôler la « sangle abdominale » (formée des muscles abdominaux : les grands droits, les muscles transverses, petits obliques et grands obliques) et le diaphragme sans pour autant oublier de détendre les jambes, chevilles, etc.

« L'exercice des moulinets » aide à comprendre le rapport entre la tonicité et la décontraction, car cette dernière n'est pas synonyme de mollesse ou de passivité, mais bien la condition nécessaire à l'écoute du moment vécu. De même, l'on confond souvent tension avec crispation.
Cet exercice met bien en relief l'équilibre entre la décontraction et la juste tension nécessaire. L'énergie ainsi libérée par la conjonction de ces deux états complémentaires permettra au musicien de s'engager plus pleinement dans son jeu.

« L'exercice des tensions asymétriques » contribue à l'indépendance des côtés droit et gauche. Les guitaristes et violoncellistes en affirment avoir profité très concrètement.
Tous les exercices cités sont très simples à comprendre intellectuellement. C'est en les pratiquant de façon répétitive et en les intégrant au vécu corporel qu'ils apportent de réelles améliorations.
Les progrès obtenus par la pratique du premier degré m'ont toujours étonné par leur rapidité : après deux semaines d'entraînement, les musiciens constatent déjà une amélioration de leur concentration, notamment lors de leur travail à la maison. Généralement après la deuxième séance, dans laquelle nous pratiquons la « Sophro-Respiration Synchronique - (S.R.S.) » avec le mot « calme », ils disent obtenir une meilleure décontraction dans toutes les circonstances de la vie.

Deuxième Degré
Nous abordons le deuxième degré relativement rapidement puisque nous commençons certains exercices de « visualisation » après une pratique de deux mois. (Voir index.php)
Je parlerai ici particulièrement de la méthode de préparation aux concerts. Elle se divise en quatre techniques statiques réparties sur huit semaines d'entraînement.
Bien des musiciens ont déjà imaginé le déroulement de leurs prestations en public et se sont vus par anticipation sur scène. Le type de technique n'est pas fondamentalement nouveau pour eux.
En revanche, je leur propose une marche à suivre plus méthodique que leur mise en condition habituelle. L'autre avantage réside dans la particularité et la richesse de ce travail « sous sophronisation » lors d'une séance de sophrologie.
Première Etape
Il s'agit d'imaginer le déroulement d'une répétition : le musicien se prépare à la maison, puis sort, marche dans la rue, arrive au local, salue ses collègues, s'installe, joue jusqu'à la fin de la répétition, repart puis arrive chez lui, le tout au plus proche des faits réels habituels. Il essaie de bien sentir l'état d'esprit ou physique dans lequel il se trouve.
M'inspirant de la « Protection Sophro-Liminale du Sommeil - (P.L.S.) », j'ai retenu de cette technique l'aspect rituel et quotidien : c'est une technique de l'habitude. Elle permet aussi de savourer les gestes du quotidien parfois devenus trop mécaniques. (...).
Nous passons à la deuxième étape lorsque ce premier exercice est maîtrisé.
Deuxième Etape
Il s'agit de la « Futurisation Simple - (F.S.) », technique du deuxième degré, sans lien direct avec la musique.
Troisième Etape
Elle est abordée lorsque le musicien a abondamment pratiqué les deux premières étapes.
Il s'agit de futuriser l'après-concert. Le musicien va se voir depuis le moment où il sort. de scène. Que fait-il habituellement ? Rentre-t-il tout de suite chez lui écouter l'enregistrement du concert ? Fuit-il les mondanités des après-concerts ? Ou passe-t-il la nuit à fêter avec ses amis ?
Au delà de ces différentes situations, il est intéressant pour lui de sentir l'état dans lequel il se trouvera autant émotionnellement que physiquement. Avec la diversité potentielle de ses propres réactions et, quoi qu'il se soit passé lors du concert, c'est toujours un moment de décompression. Si nous ne réagissons pas toujours de la même façon, il y a certaines constantes qu'il est bon de (re)connaître.
Quatrième Etape
Le musicien futurise le concert au plus proche de la réalité : il se réjouit de jouer et se voit arriver sur scène détendu et content, puis saluer, accorder son instrument, jouer divers passages de son programme, jusqu'aux applaudissements finals. II répétera cette technique chaque jour en essayant d'affiner sa perception du concert et d'y voir toujours plus de détails.
Les techniques apprises sont toujours discutées par les participants : il y a les questions qu'elles suscitent, leurs effets sur eux, des interactions nombreuses qu'elles provoquent. Nous parlons beaucoup de l'activation du positif et de cette « spirale de transformation » dans laquelle chaque événement positif en suscite un autre par effet de ricochet. De la même manière, l'équilibre entre les deux principes de base de « l'activation du positif » et de la « réalité objective » est très important. Il favorise une meilleure auto-évaluation.
Les participants me disent tous que la futurisation du concert leur donne l'impression d'avoir déjà vécu ce moment-là lorsqu'il arrive. Cela les sécurise et les aide à gérer leur émotion. Ils ne se sentent pas pris au dépourvu et profitent au mieux du moment vécu. Ils sont également plus présents lors de leurs prestations en public et peuvent donc donner le meilleur d'eux-mêmes.
Le Trac
Les moments tributaires des émotions fortes ne sont pas en eux-mêmes désagréables et le trac n'est un phénomène négatif que s'il entrave le musi-cien. La tension émotionnelle qui perturbe, le manque de discernement qui submerge, l'angoisse qui empiète sur la limpidité mentale, sont des expériences que quantité de musiciens ont connu au moins une fois dans leur carrière. Alors comment juguler le trac ?
Les participants aux stages, en cherchant à mieux connaître leurs « portes d'entrée corporelles de l'émotion » - qu'elle soit négative ou positive - apprennent à agir sur celle-ci lorsque c'est nécessaire.
Il est important de dédramatiser le trac en restaurant une conscience corporelle positive, par le premier degré, par exemple, ainsi qu'en renforçant suffisamment le « terrain de base » par tous les exercices susceptibles de donner une meilleure confiance en soi, par exemple la « Sophro-Respira-tion Synchronique - (S.R.S.) » avec la Qualité.
Le cas échéant, dès les premiers symptômes de panique, il existe divers moyens pour dédramatiser l'émotion. Nous pouvons ainsi appeler notre « Objet Neutre - (O.N.) » qui, par sa présence annule toute perturbation, ou nous pouvons nous servir du Mot qui évoque le calme (S.R.S. Calme), ou encore déplacer l'attention par rapport à la zone émotionelle. Votre coeur bat-il la chamade ? Concentrez-vous uniquement sur une zone neutre du corps, éloignée et agréable, comme par exemple vos oreilles ou vos doigts de pieds.
Le phénomène de trac dépasse le cadre strictement musical, et nécessite un travail sur soi global. La sophrologie propose à cet effet une démarche originale.
La Mémoire
La mémoire joue souvent des tours aux concertistes qui pourtant sont suffisamment préparés par des heures de travail. Les musiciens m'ont tous demandé des techniques pour une meilleure mémorisation.
Outre les exercices de base de mémorisation d'événements vécus (méthode des Trois Tiers de la vie) que nous abordons à la fin du cours, quantité de petits exercices fort utiles nous permettent d'associer les différents types de mémoire : la mémoire visuelle à une partition écrite, la mémoire corporelle aux gestes et aux sensations et la mémoire auditive. Par exemple, il peut être très efficace d'apprendre un trait au doigté difficile par la simple sensation ralentie de chaque mouvement, aussi petit soit-il, à la manière d'un exercice dynamique du premier degré. Nous pouvons y ajouter l'audition intérieure. Dans cet ordre d'idées, on peut moduler infiniment d'autres variations.
Nous pouvons « visualiser » un son, c'est-à-dire faire correspondre à chaque son une image caractéristique.
Pour la mémorisation des partitions, il existe une technique qui demande un entraînement assidu puisque nous ouvrons les yeux dans cet état « entre veille et sommeil » (le niveau sophroliminal). Elle s'acquiert en plusieurs temps :
1) Lors des séances, nous nous habituons à entrouvrir les yeux
2) Nous fractionnons un texte facile : nous lisons la première partie en position anatomique (la,« Posture »), puis refermons les yeux en reprenant la position assise habituelle afin d'assimiler le passage et de réapprofondir notre état « entre veille et sommeil ». Même processus pour les autres paragraphes.
3) Nous reprenons le même texte plusieurs jours de suite afin de bien posséder la technique.
4) Nous sommes prêts à faire de même avec une partition.
5) Nous pouvons parcourir le morceau entier
6) Nous pouvons greffer les autres voix lorsqu'il s'agit de musique d'ensemble.
Si cette technique paraît longue au début, elle tire parti de cet «état sophroliminal» avec la plus grande efficacité.

Je concluerai en citant Dominique Hoppenot dans son merveilleux livre «Le Violon Intérieur » (Ed. Van de Velde) :
« Vouloir faire toujours mieux, vouloir jouer de façon absolument parfaite revient à refuser cet instant présent, à se projeter ailleurs que dans ce qui est. Or, cette intransigeance conduit à supprimer sa présence dans l'instant, à perdre l'unité vers laquelle tendait tout le travail. On ne peut pas être réellement attentif à la musique, concentré en soi, si l'on garde présent à l'esprit l'idée d'un modèle idéal, d'un « sans faute » qui tient plus du parcours hippique que de l'interprétation artistique »..

Florence Richez'
Sophrologue diplômée de la FEDS. Trompettiste professionnelle. Professeur au Conserva-toire de Genève. Extrait de Le Tao de la sophrologie, dir. Ken K. McKelvey, 1989.

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