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L'acupuncture et le cerveau

Les premières démonstrations du lien entre l'acupuncture et le cerveau ont été faites à la faculté de médecine de Harvard par l'équipe du Dr Kathleen Hui. Mais le véritable coup d'envoi de l'exploration scientifique de l'acupuncture a été donné quelques années plus tard par la publication d'un article dans le très select Proceedings of the National Academy of Sciences, une revue où seuls les membres de l'Académie des sciences américaine ou leurs « invités » peuvent publier leurs travaux. Le docteur Cho, un chercheur en neurosciences d'origine coréenne, avait voulu tester la théorie vieille de deux mille cinq cents ans selon laquelle la stimulation du petit orteil par une aiguille d'acupuncture améliore... la vue. Il a placé dix personnes en bonne santé dans un scanner et a commencé par tester son appareil en faisant clignoter devant leurs yeux un damier noir et blanc - la stimulation la plus forte que l'on connaisse du système visuel. De fait, les images montraient une grande activation de la région occipitale, celle du cortex visuel, situé tout à fait à l'arrière du cerveau. Chez tous les sujets, le clignotement du damier provoquait un très fort accroissement de l'activité de cette région du cerveau, laquelle disparaissait lorsque la stimulation cessait. Tout était en ordre.
Il a ensuite demandé à un acupuncteur expérimenté de stimuler le point appelé « vessie 67 » dans les anciens manuels chinois, qui se trouve sur le bord externe du petit orteil et dont il est dit qu'il améliore la vision. A la surprise de toute l'équipe, lorsque l'aiguille était manipulée de façon traditionnelle - en la faisant pivoter rapidement entre les doigts -, les images montraient une activation de la même région du cerveau, le cortex visuel ! Certes, l'activation était moins intense qu'avec les damiers, mais elle était suffisamment nette pour passer tous les tests statistiques. Pour s'assurer qu'il ne s'agissait pas d'une hallucination - des chercheurs ou des sujets de l'expérience -, le docteur Cho a fait stimuler ensuite un point sur le gros orteil qui, lui, ne correspond à aucun méridien. Et aucune activation des aires visuelles n'était visible. Mais l'expérience ne devait pas s'arrêter là.
Un des concepts les plus étonnants en médecine traditionnelle chinoise et tibétaine est l'idée qu'il existe différents « types morphopsychologiques », en particulier le type « yin » et le type « yang ». Ces deux types dominants sont déterminés à partir des préférences de chaque personne pour le chaud et le froid, pour certains aliments, pour certaines périodes de la journée, de leur apparence physique, et même de la forme de leurs mollets. Il est écrit dans les textes anciens que la stimulation de certains points d'acupuncture peut avoir des effets exac-tement opposés chez les malades selon le type du patient, d'où l'importance de faire cette détermination au préalable. Cho a donc demandé à l'acupuncteur de déterminer le type des sujets de l'expérience. Il a ensuite observé les effets de la stimulation du point vessie 67 sur le petit orteil chez les yin et chez les yang. Il a enfin vérifié que les deux groupes réagissaient de la même manière lorsqu'on leur présentait un damier clignotant : activation du cortex visuel, puis disparition de l'activité lorsque la stimulation cessait. Les sujets « yin » avaient le même type de réponse lorsqu'on stimulait le point vessie 67 : activation avec la stimulation, retour à la normale avec l'arrêt de la manipulation. Par contre, et c'était à peine croyable, les sujets « yang » montraient l'effet inverse ! La stimulation de l'aiguille produisait une « désactivation » du cortex visuel, et son arrêt un retour à la normale.
La distinction yin/yang ne correspond à absolument rien de connu dans la physiologie moderne. Elle était pourtant capable de prédire, comme l'indiquent les anciens textes chinois, que le cerveau répondrait à la même stimulation, par la même aiguille, au même point d'acupuncture de façon exactement opposée... C'est un résultat tellement inouï que la plupart des scientifiques occidentaux, comme j'en avais fait le choix il y a vingt-cinq ans, préfèrent ne pas y penser.
Pour Paul, l'acupuncture n'était pas une question théorique. Il souffrait de dépression depuis des années et prenait un antidépresseur classique depuis plusieurs mois, sans résultat. C'est pour son mal au dos qu'il était venu voir Thomas, l'acupuncteur du Centre de médecine complémentaire de l'université. Thomas lui avait proposé d'ajouter aux points traditionnels pour le mal de dos la stimulation de deux points sur le crâne dont plusieurs études chinoises ont suggéré l'efficacité contre la dépression7. Dès le milieu de la première séance, Paul a déclaré qu'il sentait se dissiper « une couche de brouillard qui l'empêchait de penser ». Il avait l'impression d'être plus léger et un peu plus confiant, même s'il avait encore la gorge nouée, sensation qu'il associait depuis toujours avec ses périodes de dépression. À raison d'une séance hebdomadaire pendant quelques semaines, les autres couches se sont dissipées les unes à la suite des autres, selon ce qu'il a déclaré, puis sa gorge s'est enfin libérée à son tour. Au fil du traitement, il a retrouvé d'abord le sommeil, puis une énergie qu'il ne s'était pas connue depuis deux ans, et enfin sa confiance en soi, son envie d'être avec sa femme et ses filles, et le désir d'entreprendre à nouveau. Comme dans les études chinoises, ses symptômes semblaient avoir répondu de la même façon, et à la même vitesse, à l'acupuncture qu'aux antidépresseurs auxquels elle avait été comparée. Bien sûr, Paul n'a jamais cessé de prendre le médicament que son médecin lui avait prescrit. Il est possible que ce soit celui-ci qui ait fini par avoir de l'effet. Toutefois, le fait que les premiers signes de soulagement soient apparus dès la première séance d'acupuncture suggère que ce sont bien les aiguilles qui ont déclenché son rétablissement. Il est possible aussi, naturellement, que les deux traitements se soient mutuellement complétés et que l'acupuncture ait permis de stimuler les mécanismes d'autoguérison du cerveau émotionnel en sus des effets de l'antidépresseur.
Les acupuncteurs, autant occidentaux qu'asiatiques, savent parfaitement que leur art est particulièrement utile pour le soulagement du stress, de l'anxiété et de la dépression. Pourtant, en Occident, ce sont ces pratiques qui sont les moins reconnues ; et les moins étudiées. Les rares études occidentales qui sont positives, et l'acupuncture a même été testée à l'hôpital de l'université de Yale pour contrôler l'anxiété des patients avant une opération, à la place des anxiolytiques. Mais son application est encore très limitée, sans doute parce que, comme pour l'EMDR, on ne comprend pas bien ses mécanismes d'action.
À Harvard, l'un de ces mécanismes d'action vient d'être mis au jour. Le docteur Hui, avec l'aide de l'équipe du Massachusetts Général Hospital, un des plus grands centres d'imagerie fonctionnelle cérébrale au monde, a montré comment le cerveau émotionnel peut être directement contrôlé par l'acupuncture. En stimulant un seul point - situé sur le dos de la main, entre le pouce et l'index -, elle a mis en évidence l'anesthésie partielle des circuits de la douleur et de la peur (voir figure 5 du cahier photo). Ce point - que les vieux manuels chinois appellent « gros intestin 4 » - est un des plus anciens et des plus utilisés par tous les acupuncteurs du monde. Il est réputé, justement, pour contrôler la douleur et l'anxiété... La stimulation de la surface de la peau, comme dans l'EMDR lorsqu'on se sert de la peau plutôt que des mouvements oculaires, semble donc capable de « parler » très directement au cerveau émotionnel et d'agir sur lui.
L'un des cas les plus frappants pour moi de cette utilisation a été celui de Caroline, une autre patiente de Thomas, l'acupuncteur de notre centre de médecine complémentaire. Il s'agissait d'une jeune femme de vingt-huit ans qui venait d'être opérée d'un cancer de l'estomac très agressif. Le lendemain de l'opération, elle souffrait beaucoup et seule ta morphine dont elle dosait elle-même l'administration était capable de la soulager. Cependant, elle tolérait mal ce médicament, qui l'empêchait de penser clairement et lui donnait des cauchemars parfois particulièrement saisissants. C'est dans le cadre d'une étude que nous menions à ce moment que Thomas a eu l'occasion de s'occuper d'elle. Au début, Caroline était tellement préoccupée par sa douleur que c'est à peine si elle s'est aperçue des trois fines aiguilles que Thomas a introduites pendant quarante-cinq minutes dans sa main, son tibia et son abdomen. Toutefois, dès le lendemain, elle n'utilisait presque plus la morphine - seulement trois petites doses en vingt-quatre heures, selon les notes des infirmières. Deux jours plus tard, elle déclarait non seulement n'avoir presque plus mal, mais se sentir plus forte et plus déterminée que jamais à faire face à sa maladie, sans se laisser décourager par le pessimisme de ses médecins. L'anxiété semblait s'être dissoute en même temps que la douleur, et sans aucun des effets secondaires typiques des médicaments antalgiques.
L'étude de Harvard montre que les aiguilles d'acupuncture sont effectivement capables de bloquer les régions du cerveau émotionnel qui sont responsables de l'expérience de la douleur et de l'anxiété.
plus la douleur ainsi que chez les héroïnomanes en cours de sevrage suggèrent aussi que l'acupuncture stimule la sécrétion d'endorphines, ces petites molécules produites par le cerveau et qui agissent comme de la morphine ou de l'héroïne.
Il existe un troisième mécanisme d'action que les chercheurs commencent à discerner : une séance d'acupuncture aurait une influence directe sur l'équilibre entre les deux branches du système nerveux autonome. Elle augmenterait l'activité du parasympathique - le « frein » de la physiologie - aux dépens de l'activité du système sympathique - « l'accélérateur ». Elle favoriserait donc la cohérence du rythme cardiaque et, de façon plus générale, permettrait de ramener le système à l'équilibre. Les conséquences de cet équilibre sur tous les organes du corps sont bien établies. Comme nous l'avons vu dans des chapitres précédents, son importance pour le bien-être émotionnel, la santé, le ralentissement du vieillissement et la prévention de la mort subite a été répertoriée dans des revues aussi réputées que le Lancet, l'American Journal of Cardiology, Circulation, etc. Cet équilibre de la physiologie correspond-il à l'équilibre de l'« énergie vitale », le Qi, dont parlent des textes vieux de deux mille cinq cents ans ? Il n'est sans doute pas possible de réduire le Qi à une seule fonction, mais l'équilibre du système nerveux autonome en est certainement un de ses aspects. On sait maintenant qu'il peut être influencé par la méditation, comme nous l'avons vu au chapitre 3, l'alimentation, comme le verrons au chapitre suivant, et maintenant l'acupuncture. Ce sont exactement les trois méthodes de renforcement du Qi sur lesquelles insistent les médecines chinoise et tibétaine...
Au début du xxIe siècle, nous sommes les témoins d'échanges sans précédent entre les cultures médicales et scientifiques du monde entier. Tel un nouveau « passage du Nord-Ouest » à travers le détroit de Béring, un pont de terre ferme semble avoir été jeté entre les grandes traditions médicales de l'Occident et de l'Extrême-Orient. Grâce à l'ima-gerie fonctionnelle et les progrès de la biologie moléculaire, le rapport entre le cerveau, les molécules des émotions comme les endorphines, l'équilibre du système nerveux autonome et le « flux de l'énergie vitale » dont parlaient les Anciens est en train d'être établi. De ces liens multiples naîtra sans doute une nouvelle physiologie que certains, comme Candice Pert, professeur de physiologie et de biophysique de l'université Georgetown à Washington, appellent la physiologie du « système corps-cerveau unifié ».
L'acupuncture n'est qu'un des trois piliers de la médecine traditionnelle chinoise. Les deux autres sont, d'une part, le contrôle de la physiologie par l'attitude mentale - que ce soit la méditation ou les exercices de cohérence cardiaque dont nous avons déjà parlé - et, d'autre part, la nutrition. Pour les praticiens de cette médecine dont la sagesse devient de plus en plus claire à nos yeux d'Occidentaux, il n'y aurait aucun sens à utiliser l'acupuncture ou à cultiver son équilibre mental et physiologique sans prêter une attention toute particulière aux constituants qui renouvellent constamment notre corps, c'est-à-dire aux aliments que nous ingérons. II s'agit là d'un domaine presque entièrement délaissé par les psychiatres et les psychothérapeutes contemporains. Pourtant, de très importantes découvertes ont été réalisées sur le contrôle du stress, de l'anxiété et de la dépression par la nutrition. Des découvertes qu'il est possible de mettre à profit immédiatement.

* Plusieurs études contrôlées documentent les bénéfices de l'acupuncture pour le contrôle de la douleur postopératoire. En moyenne, un séance quotidienne d'acupuncture dans les premiers jours qui suivent la chirurgie permet de réduire les doses de narcotiques au tiers des doses habituelles et donc de limiter considérablement les effets secondaires. L'exemple le plus connu de cette utilisation est celui du grand chroniqueur du New York Times James Reston. Alors qu'il accompagnait Nixon à Pékin prendant son premier voyage en Chine, Reston dut subir une opération de l'appendicite en urgence. Après l'opération - une intervention tout à fait « occidentale » et qui lui sauva la vie - il souffrait terriblement de douleurs abdominales et de ballonnements. Il demanda des narcotiques pour calmer la douleur, mais, à la place, il fut surpris de voir qu'on ne lui proposa que deux aiguilles - une dans la main et l'autre dans le tibia - qu'il sentait à peine. La surprise fut plus grande encore, lorsque, quelques heures plus tard, il n'avait plus aucune douleur. Il fut tellement frappé par cet épisode que, dès son retour à New York, il écrivit un grand article dans le New York Times intitulé « Laissez-moi vous raconter mon opération à Pékin... ». Du jour au lendemain, avec cet article, Reston avait ouvert les portes de l'Amérique à l'acupuncture où, jusqu'à ce jour, il n'est pas nécessaire d'être médecin pour la pratiquer.

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